Doigts de Fée

Retour index : Les Fables


Doigts de Fée

Un Dé à coudre
Etait prêt à en découdre
Avec une Aiguille
le menaçant de son dard :
A l’effilée dard :
« Gare à mon rempart
Ma fille !
Tente le coup d’estoc
Et sous le choc
De t’y briser ! »
La vicieuse épée,
Elle qui déjà d’un Chas
De la gueule boucla,
S’en remit à sa bonne Fée :
« Quelle agressivité !
Et c’est moi qu’on craint ?
Baisse ton pavois
Car de la Tisseuse ce sont ses doigts
Qui seuls guident nos destins ! »
Coup de taille
Par la faiseuse de mailles
Auquel toutefois ne défaille,
Pensant à sa cousine, notre muraille :
« Une Cheville
Fit à une de mes parentes même vrille ;
Voilà parade
A cette dérobade :
Si on ne craignait ta blessure
Pourquoi me faire armure ?
C’est bien là preuve
Que même domptée
Cela reste une épreuve
De te mener ! »
Aussitôt l’Aiguillon
De moucher le ferré caparaçon :
« Fi de ton importance
Car de ta présence,
Même si elle est métal dur,
J’en ai bien cure
Seule s’en parant la Couturière peu sûre
De son tissage
Et qui par peur de ma piqûre
Te prête rassurant usage ! »

« Si vis pacem, para bellum ! »

… Voilà locution latine
Qui permit à la mutine,
Drapée du pallium
Du savant,
De faire ainsi morale à l’ignorant…

Auteur : Val


Annotations à venir…

hdfwab12.jpg

(tiré de l'ouvrage édité : Histoires de Fables)

Sauf mention contraire, le contenu de cette page est protégé par la licence Creative Commons Attribution-ShareAlike 3.0 License