L'Enfant et la Cave

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L'Enfant et la Cave

La Vérité sort de la bouche des Enfants…

… Un mensonge pour bien des grands !
La petite fille de ce conte avait ainsi peur
D’une Cave qu’elle croyait l’antre de l’horreur :
En une veillée de tempête
Vint alors violente rafale
Eteignant de sa maison le fanal
Au damne de son ancêtre : « Fillette,
Il nous faut bougie,
Candélabres et lampes à huile.
Toi qui es habile,
Du cellier ouvre la trappe qui y conduit. »
La belle Princesse
D’en tomber presque à la renverse :
« Je t’en prie,
Ne m’envoie pas en ce lieu maudit,
Un démon ou peut-être une Ogresse
M’y attends pour m’y emporter par les tresses ! »
L’Aïeul allait se fâcher pour de bon
Mais l’infante n’étant garçon
Il lui manda plutôt compassion,
Sa cane n’étant pour lui que triste humiliation :
« Prends à ma place l’escalier
Et, pour te rassurer,
Comptes-en à voix haute et forte
Les douze marches qui le portent. »
Tremblante mais d’un grand courage
L’ange de se mesurer à sa terreur sauvage
Faisant le décompte, un à un,
De chacun de ses pas herculéens.
Passé la douzième épreuve
Le vieillard, de sa protégée, a pour preuve
Qu’il peut en être fier
Et se fait bon grand-père :
« Remonte vite jeune ingénue
Que je te porte aux nues ! »
Mais là, dans le noir,
Notre Fée de clamer : « treize » !
Puis « quatorze », « quinze », et telle une braise
De s’estomper dans les ténèbres et leur mâchoire…

On l’a dit, les enfants
Murmurent parfois vérités aux plus grands ;
Y faire écoute
Suffit souvent pour en lever le doute !

Auteur : Val


Herculéens : Référence aux douze travaux d’Hercule dans la Mythologie Grecque.

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(tiré de l'ouvrage édité : Histoires de Fables)

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