La fin du monde

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La fin du monde

« On n’échappe pas à son destin »

Voilà adage bien commun
Et souvent entendu :
Il y eut toutefois hurluberlu
Pour n’y prêter sens
Bien qu’en gardant la règle de prudence…

Car l’énergumène, des histoires
De ses congénères, en connaissait les déboires :
Que dans les déserts
Certains se soient égarés auprès de mirages,
Que les uns n’aient été assez sages
Pour ne brandir fer
Sous la menace d’orage
Ou que sur des chemins imaginaires
À suivre quelques chimères
D’autres furent trompés par leurs virages,
Oui, de leurs biens tristes torts
Il n’en subirait les mêmes sorts ;
Maître de sa destinée,
Ainsi le mutiné
Par un ciel immaculé de nuages
D’en faire parfait présage
Pour choisir une plaine
Dégagée de toute possible peine
Ayant panorama
Sur l’éventuelle venue de tous tracas,
S’étant même prémuni en stratège
De la faim, de la soif et de mille pièges,
Capable dés lors de tenir siège
À n’importe quel sortilège…

Si ce n’est, certes c’est retords
– Mais les Fables
Ne s’embarrassent pas de l’incroyable –
De l’arrivée d’un météore,
Ruinant la fronde
De notre pauvre hère,
Venant s’écraser sur son repaire
Pensé à l’abri du monde !

Non voyez, nous autres mortels,
En rien sommes-nous éternels…

Auteur : Val


Fronde : Dans le sens de lancer un défi.
Hère : Mot ancien désignant un être sans rang ni prestige, pauvre et sans avenir.
Météore : Phénomène céleste divers et dans sa forme plus ancienne, météorite.
Mutiné : De se mutiner, se rebeller.
Siège : De tenir siège, c'est-à-dire de tenir un lieu, de ne pas céder.
Stratège : Qui fait preuve de stratégie, de plan, d’anticipation et de préparation.

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(tiré de l'ouvrage édité : Drôles de Fables)

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