La Rose et l'Epine

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La Rose et l'Epine

Les plus belles plantes
Ont parfois fragrances repoussantes…

D’un conte floral, voilà qui fit sens ;
Du notre, en voici l’expérience :

Une Rose,
Parfumant les Vents
Et les Sables, attirait nombre prétendant
Pour, en prose
Ou en rimes, lui conter fleurette ;
Aèdes et Poètes
D’Aphrodite ou de Vénus
D’ainsi la faire vierge Rosière en pudibond,
Accusant jusqu’à Cupidon
D’un mauvais vin de Bacchus
D’en avoir tâché la blanche robe
(Astuce pour qui de la vertu depuis s’y dérobe)
… Mais à notre fleur
Nos jolis coeurs
D’attendre autre récital :
Celui d’en déflorer les pétales !
Sous la corolle,
Une moins facile Epine, des Satyres,
De la convoitée prévenir
Sans autre forme de protocole :
« Reine du bal
De sa beauté fait son mal ! »
À la piquante Ronce
La désirée de faire mesquine réponse :
« Laide, voilà la racine du tien ; jalouse
Que tous me veulent pour épouse ! »
À l’injure
Celle semblant si dure
Au contraire de s’appesantir
Sur sa naïve rivale au destin bien pire :
« De te cueillir
Vite d’y flétrir
Puis, une fois fanée,
D’être à une plus fraîche déjà préférée :
Vois comme la grâce
Toujours à la fin lasse
Si, quand elle passe,
Il n’est rien sous le vernis de sa surface ! »

Auteur : Val


(Annotations à venir…)

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(tiré de l'ouvrage édité : Histoires de Fablesl)

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