La Salamandre et le Grillon

Retour index : Les Fables


La Salamandre et le Grillon

Dans la moiteur d’une cave
Et des ombres de cette enclave
Une créature à la robe de feu
Trouva Grillon semblant lui-aussi feu
Mais de celui glacial de la Mort
Drainant la chaleur
À toute Vie…
« Ô malheur !
Toi mon sémaphore
Qui à chaque aurore
M’éveillais à ton sonore
Et qui, au soir,
À mes ténèbres donnais trêve
Berçant mes rêves
Des chants à ma Gloire
Portée depuis l’antique Pyrallis
Jusqu’à ce Roi de jadis,
Premier en son royaume de Lys,
Qui en Phoenix me prêtait favorable auspice
Par ces mots :
- Nutrisco & Extinguo - »

Saisi, notre Cancrelat,
Jusqu’à là figé
Car il se méfiait,
Revint de son feint trépas :
« Grâce pour qui tait sa faim de bête
Pour se nourrir de l’âme du poète ! »
Notre Salamandre, d’abord surprise,
Aurait pu souscrire à la devise
Mais, si du Dragon
Et de sa figure mythique
Elle s’émouvait de l’épopée onirique,
C’est en Triton
Qu’elle garda davantage appétit
Pour l’Insecte qu’à sa poésie !

Ainsi de gratter le vernis
De la Culture :
On a souvent, dessous, déconfiture
De ceux s’en faisant l’égérie

Auteur : Val


(Commentaires à venir)

  • La Salamandre (Aloysius)

- " Grillon, mon ami, es-tu mort, que tu demeures sourd
au bruit de mon sifflet, et aveugle à la lueur de
l'incendie ? "
Et le grillon, quelque affectueuses que fussent les
paroles de la salamandre, ne répondait point, soit qu'il
dormît d'un magique sommeil, ou bien soit qu'il eût
fantaisie de bouder.
" Oh ! chante-moi ta chanson de chaque soir dans ta
logette de cendre et de suie, derrière la plaque de fer,
écussonnée de trois fleurs-de-lys héraldiques ! "
Mais le grillon ne répondait point encore, et la salamandre
éplorée, tantôt écoutait si ce n'était pas sa voix, tantôt
bourdonnait avec la flamme aux changeantes couleurs rose,
bleue, rouge, jaune, blanche et violette.
- " Il est mort, il est mort, le grillon mon ami ! " - Et
j'entendais comme des soupirs et des sanglots, tandis que
la flamme, livide maintenant, décroissait dans le foyer
attristé.
- " Il est mort ! Et puisqu'il est mort, je veux mourir ! "
- Les branches de sarment étaient consumées, la flamme se
traîna sur la braise en jetant son adieu à la crémaillère,
et la salamandre mourut d'inanition.

hdfwab12.jpg

(tiré de l'ouvrage édité : Histoires de Fablesl)

Sauf mention contraire, le contenu de cette page est protégé par la licence Creative Commons Attribution-ShareAlike 3.0 License