Le Bourdon et le Cafard

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Le Bourdon et le Cafard

À la nuit tombante,
Sortant de son refuge,
Une créature lucifuge
Fut surprise par la complainte vrombissante
D’un solitaire Bourdon :
« Oh là, m’en voilà pour une belle frayeur
Croyant venue mon heure
Annoncée par quelques coups de bâtons ! »
De ses lourdes vibrations
Aussitôt l’Insecte d’en baisser le ton :
« Soyez rassuré
Je ne suis de la Mort armé
De l’aiguillon de sa faux
Bien que pareillement sans espoir, né faux. »
Il est vrai que l’Abeillaud
Semblait du sort en avoir tiré triste lot.
« Fi de votre désespoir
Donnant le cafard,
Un comble ! Moi qui suis Blatte
Et de même broyée par la Vulgate
Je me cantonne depuis à leur rebus
Et me suffit de leurs détritus
Faisant mon bonheur
Malgré l’odeur !
Ainsi noire
Soit de chacun l’histoire,
Vivant en Cancrelat
Parmi les Prélats,
Qu’on nous jette
Ou ne nous laisse que miettes,
Il n’est rien de mieux
Et plus précieux
Que d’être encore vivant
Sachant que de chacun
Trop tôt vient la fin…
… Et si les Manants
L’accueillent parfois avec soulagement,
Les Puissants
En ont bien plus de remords
Y perdant en sus privilège et or ! »

… Voilà qui mit fin à la Fable et avec son oracle :

À toute cour
Nul d’y trôner pour toujours,
Soit-elle même des miracles…

Auteur : Val


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(tiré de l'ouvrage édité : Histoires de Fablesl)

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