Le Chien méchant

Retour index : Les Fables


Le Chien méchant

Errant depuis des jours
Un Chien, n’ayant plus de ses maîtres l’amour,
Fit peine à un Loup
Mandant là
Quelle était la cause de ce triste état :
« Voilà qui est gentil à vous
Mais vous n’y pourrez rien
Tant ma faute est atroce, je le crains,
Car, voyez, j’ai mordu ;
Et pire, dans la chair crue
D’une infante ingénue
Défigurant sa joue mise ainsi vilainement à nue ! »
Triste outrage
Laissant notre animal sauvage,
Habitué de quelques carnages,
Plutôt indifférent :
« Certes le crime est de sang
Mais rappelez-vous de la Fable sage
Quand à un des vôtres mon cousin
Préféra la liberté
À être domestiqué :
On vous en reproche ainsi l’instinct
Etonné que vous ne soyez obéissant
Et que vous montriez les dents !
Qu’on vous tire les oreilles
Et vous ne pourriez rendre la pareille ?
Qu’on vous marche sur la queue
Et d’en accepter le jeu ?
Certes la benjamine
N’a plus bonne mine
Mais à trouver coupable
N’est-il pas plus invraisemblable
De penser sa progéniture sauve
La confiant à un fauve ?
Voyez qu’à être Chien-loup
Il n’y suffit,
De cette dernière moitié enfouie
Vous en porterez à jamais le joug
De n’en avoir fait meilleur choix… »

Ainsi de l’esclave jugé ingrat
S’il se rebelle
Malgré sa « généreuse » écuelle !


(Commentaires à venir…)

hdfwab12.jpg

(tiré de l'ouvrage édité : Histoires de Fables)

Sauf mention contraire, le contenu de cette page est protégé par la licence Creative Commons Attribution-ShareAlike 3.0 License