Le Crassier et le point d'eau

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Le Crassier et le point d'eau

Quand cela commença t-il ?
Oui là au tout début,
Au premier détritus
Bien avant qu’il ne ressemble à terril…
… Enfin plutôt à humble Crassier :
Copeaux et chutes, laissés
Par un simple Charpentier ?
Du Braconnier, pour ne pas être pris,
De ses dépouilles sans vie ?
Un peu de suie carbonisée
Jetée là par son Ramoneur
Et qui de son seau de métal
Tel un aimant, quoi de plus normal,
Y attira du Forgeron et de son labeur
Les restantes limailles
Ou inutiles ferrailles ?
Quoi qu’il en fut
Ainsi naquit notre rebus
Dont, le trouvant vite hideux,
On nia l’existence, un peu honteux…
… De tas de rouille,
Par la boue, les pluies,
Et plus encore l’oubli,
Il devint alors souille
S’enlisant dans sa mare
Et bientôt de toute coupable mémoire…

… Longtemps après vint qu’on manqua d’eau,
Pour les Hommes, pour les Bêtes ;
Un Sourcier appelé, par sa baguette,
Au point même du crasseux héros
En remonta (et plus sûrement de sa bourse)
Le cours de sa source :
Aussitôt on creuse puits
Jusqu’à l’élixir de vie
Y buvant son saoul jusqu’à la lie…
… Si toxique que mort s’en suit !

De l’empoisonnée nappe phréatique
Croyez-le, outre son apologue écologique,
On peut pareillement, en cynique,
Le rapporter à nos lâchetés les plus iniques :

On a beau se voiler la face,
Ce que l’on a fait
De plus laid
Finit toujours par remonter à la surface !

Auteur : Val


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(tiré de l'ouvrage édité : Histoires de Fables)

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