Le Fabliau et la Coquille

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Le Fabliau et la Coquille

Jeté au Vent
Un Fabliau au sang d’encre
Vint se ficher, comme s’il était ancre,
A un Coquillage, sa peine aussitôt épanchant :
« Né au gueuloir
J’étais promis à fabuleuse histoire
Mais du fac-similé,
Une fois imprimé,
D’en être par quelques censeurs Lettrés
Des coupables fautes déconsidérés !
Souvent stylet du correcteur
N’en est, du style, effilé d’une même teneur…
… Certes j’en confesse les erreurs,
Que me pardonne le lecteur,
Mais de l’auteur
Je n’en porte qu’en héraut le cœur ! »
Fi de la diatribe de l’opportun
Notre dérangé animal de chasser ce vaurien :
« La prochaine fois,
Au lieu de vous montrer nu,
Couvrez-vous pour être bien lu
D’un plus correct manteau ; comme moi,
Vous serez déjà plus poli
Envers l’instruit ! »

La critique est sournoise
Mais la réplique sèche et sans emphase :
« Et bien vous l’aurez voulu…
… Qu’on vous ôte par le « q »
De votre « Co-q-uille »
Et, tels ces érudits se pensant descendre des gonades d’Ovide,
On rira de n’y trouver que vide ! »

Ainsi ne reprochez pareilles bisbilles
Au Fabuliste né populaire,
De culture dite vulgaire,
Si de quelques regrettées paraphes,
De l’élite, il en a parfois plus maladroite orthographe…

Auteur : Val


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(tiré de l'ouvrage édité : Histoires de Fablesl)

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