Le Gentilhomme et le Serf

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Le Gentilhomme et le Serf

Egaré à la chasse,
Un Gentilhomme à la noble face
Vint à rencontrer un Gueux
Au minois plus hideux,
Du moins comme à la cour
On aime à moquer du peuple les atours…
… Pas pour notre Chevalier
Lui faisant inattendue amabilité :
« Monsieur, à mon endroit, je vois à vos prises
Meilleur talent à cette entreprise »
Même si mièvre est le verbiage
Cela reste du braconnage
Et pour notre pauvre hère, une évidence :
La potence !
« Allons de mes chairs, messire,
Le bourreau suffira à les punir
Sans en sus que vos mots fassent souffrir
Mon âme de tortures bien pires ! »
Triste préjugé
Levé aussitôt par notre sincère
Et qui pour s’assurer du contraire
Eut alors astucieuse idée…

… À la recherche de celui pensé perdu,
Arrivant son entourage
De haut lignage,
Ses Gens croisèrent donc là un hurluberlu
Aux vêtements de brute
Et aux cheveux hirsutes :
« Toi, l’idiot,
As-tu vu ton maître, le Nobliau ? »…
… « Certes oui ! Un généreux compagnon
Echangeant ses haillons
Avec les précieux miens
Pour ainsi vêtu d’apparats plus sobre
Reconnaître, me jetant l’opprobre,
Les vôtres si mesquins ! »

On sait que les habits sont trompeurs
Mais, même su par cœur,
Toujours cette éculée leçon leurre
Ceux n’en jugeant que par la valeur

Auteur : Val


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