Le Pendu et son tabouret

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Le Pendu et son tabouret

Vie est une fille généreuse
Aux grâces si précieuses
Quand Mort, sa Soeur laide et ténébreuse,
Les reprends en vicieuse…

… Cette dernière pensée
Fut celle d’un supplicié,
N’ayant plus goût à la première
Et s’en remettant à cette dernière,
Au moment de passer rugueux chanvre
Autour du cou pour s’y pendre !
Coulant son noeud
Et sur ce dernier adieu
Voilà notre presque Pendu,
Encore d’un pied suspendu,
Surpris par l’apparition soudaine
D’une âme-en-peine :
« Désespéré ou dément,
Celui qui se pend
Sera en outre maudit,
Tiens-toi le pour dit ! »
Il en fallut de peu que notre homme tombe
À cette voix d’outre-tombe :
« Si tu es ma conscience
Tu sais déjà qu’il n’ait nulle espérance
À mon inéluctable sort
Mais, pire encore,
De même
Pour ceux qu’on aime ! »
Le Spectre aussitôt balaye l’argument
Déjà presque s’évaporant :
« Il est vrai
Que là où tu choisis de te rendre
Il n’y a rien à attendre…
… Pour cause, à jamais seul d’y errer ! »

De cette conclusion inattendue
En fut aussitôt convaincue
Notre tout compte fait bien vivant
Mais qui fort maladroitement
Renversa, chute que vous attendiez,
Son tabouret…

Le Destin est versatile :
Il ne tient qu’à un fil !

Auteur : Val


(Annotations à venir…)

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(tiré de l'ouvrage édité : Histoires de Fables)

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