Le vieil Homme et le plus jeune

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Le vieil Homme et le plus jeune

En une lointaine savane
Bordée d’un désert inflexible
Se trouvait un village plus paisible
Avec ses cases, ses âmes et son… chaman :
Pourtant sous le coutumier Baobab,
Du simple habitant au Nabab,
Celui-là d’être sujet des palabres
Soupçonné du forfait macabre
D’avoir égorgé, pour ses gris-gris, Poules
Parmi les meilleures pondeuses,
Cause de l’agitation hargneuse
De notre vengeresse foule !

« Trouvez l’accusateur
Et vous aurez le bonimenteur
»…
… Ce furent là les sages mots
Du soudain arrivé Griot :
Aussitôt on se ravise
Puis de bouche à oreille
On remonte à la jeune canaille
Ayant colporté sa roublardise ;
On réclame une sentence
Quand le vieil Homme mis à l’index
Laisse perplexe,
N’ayant pour seule exigence
Que le naïf menteur
Lui rapportent des bêtes malmenées
Toutes les plumes dispersées :
La tâche est bien sûr un leurre
Nul ne pouvant les disputer au vent
Les ayant emportées
Ni trouver lieu de leur retombée !
Penaud et le pardon implorant,
L’être d’expérience
Plutôt que de punir
À l’esprit pauvre de l’enrichir :

« Avant de faire, pense ! » …

Ainsi des fausses paroles, des rumeurs
Et des réputations de malheur ;
Une fois lancé leur sort
Il est impossible d’en réparer les torts !

Auteur : Val


(commentaires à venir)

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(tiré de l'ouvrage édité : Histoires de Fables)

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