Les deux Levreaux et la Sécheresse

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Les deux Levreaux et la Sécheresse

En un été trop chaud
Vint une terrible Sécheresse
Laissant perplexes
Et assoiffés deux Levreaux.
« Notre ru n’est plus…
… Partons à la nuit venue
Sinon du terrier de notre berceau
Nous aurons pour tombeau ! »
C’était l’ainé des deux Frères
Qui de la Hase-Mère
Avait même goût en l’aventure
A contrario du cadet plus sûr.
« Tu n’es point
De six semaines le Lapin
Mais je ne suis du Perdreaux
Non moins un de l’année.
Les Loups affamés
Rôdent là où est l’eau !
Et même alors,
La ruée vers le bleu de cet or
Aura raison de tes os
Pour le coup, du soleil, si ce n’est du croc !
Prions pour l’arrivée de la pluie
Qu’elle sauve alors nos vies. »
Attendre nuage
Ou devancer son présage,
Risquer la soif
Ou être menacé de fièvre,
Voilà cruelles alternatives pour nos Lièvres ;
Qu’on s’y trompe et c’est l’épitaphe !
« Si je pars,
Et manque l’ondée,
Tout est terminé. »
Dit l’un, à l’autre déjà sur le départ.
« Si je reste,
Ni ne fais geste,
Et que l’averse ne déverse seau
J’aurais nos deux maux :
Le tien de n’avoir rien fait,
Le mien de n’avoir rien tenté ! »

Souvent, de nos dilemmes,
Il en est de même :

On attend des cieux
Qu’ils les résolvent au mieux
Au lieu de les décider en stratège
Quitte à tomber dans leur piège.

Auteur : Val


  • Hase : La Hase est le nom donné à la femelle chez les Lièvres.
  • Ru : Un Ru est un petit ruisseau.
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(tiré de l'ouvrage édité : Le Fablier de Val)

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