Les Mésanges et leur mangeoire

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Les Mésanges et leur mangeoire

L’Hiver venu
Quand gèle tout ce qui est trop nu,
Qu’ils aient perdu le sens de l’orientation
Ou qu’ils refusent la migration,
Ne volent plus dans le ciel glacé,
Chez les Oiseaux,
Que coriaces Corbeaux ou faibles Passereaux.
Pour ces derniers,
Moineaux ou Mésanges,
Il est parfois quelques anges
Pour les prendre en pitié
Et de graines ou de lard
En déposer sur des mangeoires
Pour qu’ils en fassent de tout leur saoul la satiété.
Les bonnes-âmes de ce récit
Etaient de ceux-là :
Amoureux de la Nature, et de ses bêtes amis,
Ils suspendaient bon gras
Aux branches d’un vieil arbre rabougri
Pour, depuis leur chaumière,
En contempler le festin de vie…

D’ailleurs une belle Charbonnière
S’en voulut à la becquée la première
Se faisant bien grossière
Pour sa faim satisfaire…
… Etrangement on la laissa faire
Malgré ses mauvaises manières :
Qu’elle soit étrangère
Lui valut-elle, des êtres ailés,
Qu’on lui fasse, un comble, humaniste hospitalité ?

Hélas, ces basses politesses
N’étaient point belles sagesses
Mais bien manoeuvres traîtresses
Quand, jusqu’à lors demeuré tapi,
Surgit terrible fauve attrapant l’étourdie
Ne se doutant que d’une même tendresse
Les si « bons » samaritains avaient en amour un Chat
Ayant lui-aussi goût à participer au repas !

De cette Fable
Pensons qu’on n’a jamais bonne table
À un autre de la devoir
Malgré parfois même son bon-vouloir

Auteur : Val


  • « Bon Samaritain » : Terme biblique pour définir l’amour que l’on doit porter à son prochain, même son ennemi.
  • Charbonnière : Type de Mésange.
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(tiré de l'ouvrage édité : Le Fablier de Val)

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