Nez creux

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Nez creux

Un Parfumeur, l’air pourtant malsain,
Clamait avec arrogance
Que sa dernière fragrance
Avait là un arôme si fin
Que même la plus pure innocence
Y chavirerait ses sens
À la sentir…
… Faut-il croire que cet élixir
En avait les propriétés,
Tout coeur en effet humant
Ses effluves s’y livrant
Comme soudain envouté !
Mais son alchimiste, si des plus bons
En abusa les exhalations,
Avait de son huile pour une seule belle
Réservé l’essentiel…

Mélange d’Ambre, d’essences boisées,
De fougère, de lavande, de jasmin
Et de musc enfin
Pour en relever le bouquet,
Au final
Voilà notre vénal,
Fort précipité,
D’aller vaporiser son extrait
Pour que tombe en pâmoison
Celle qu’il désire pour maitresse :
Qui n’en connue toutefois l’ivresse,
Malgré le flacon,
Etant d’odorat privée
Ou tout bonnement enrhumée !

Ainsi du parfum de l’amour
Dont ne reste souvent,
Alors passant,
Que celui du regret pour toujours

Auteur : Val


  • Bouquet : Outre l’assemblage de fleur, une odeur également… et « final » quand il termine une action !
  • Fragrance : Odeur raffinée
  • Pâmoison : « Tomber en pâmoison »… S’évanouir ou défaillir, parfois d’amour.
  • Précipité : Outre l’action de se hâter, la solution non soluble se déposant dans un récipient
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(tiré de l'ouvrage édité : Drôles de Fables)

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