Poèmes

Les Poèmes sont-ils des Fables sans apologue…

  • Poème inspiré par ce monde pornographique où la mort, même la plus innocente, sert au spectacle des esprits les plus pervers…

Mer morte

Au levant, elle était encore calme ;
Les embruns couvraient pourtant le drame
Que ses cruelles lames
Charrient parfois sans autres larmes
Que celles de ses eaux mornes,
Corps éclaté de chair ainsi à la dérive
Echoués sur ses tristes rives :
Mais au lieu de quelques Licornes,
Retirant sa marée sans cœur
Et aux algues aussi souillées qu’un linceul,
Elle laissa là, si seul,
La mort et son horreur…

Il était l’innocence
Et, sans autre décence
Que son indifférent silence,
Elle qui était mer
L’avait rejeté sans pleurs ni prières,
Sans même que cela ait un sens :

Ne restait là que le petit cadavre
Abandonné à nos épouvantés regards
Et à nos consciences drainées du dernier espoir
Qu’ils soient quelques divins havres
Où réfugier nos âmes noires.

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